LE CHEVREUIL

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LE CHEVREUIL

 

Le Chevreuil d’Europe (Capreolus capreolus) est le plus petit des cervidés présents dans nos montagnes.
Sa silhouette fine et élégante, ses longues pattes et ses mouvements rapides lui permettent de se déplacer
avec une grande aisance dans les sous-bois et les pentes accidentées.

Dans le Mercantour, il fréquente principalement les boisements, les clairières,
les lisières et les zones de végétation arbustive
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Animal plutôt discret, il préfère souvent rester à couvert et se montre surtout au lever et à la tombée du jour.

Une silhouette reconnaissable

Le chevreuil possède un pelage qui varie au fil des saisons.
Il est généralement brun-roux en été, tandis qu'il devient plus gris-brun en hiver.
Une particularité bien visible est la tache blanche située à l'arrière-train, particulièrement nette lorsque l'animal prend la fuite.

Le mâle, appelé brocard, porte de petites ramures qui constituent sans doute son signe le plus caractéristique.
Elles tombent chaque année, généralement à l'automne ou au début de l'hiver, puis repoussent rapidement au printemps suivant.

Ces bois sont d'abord recouverts d'une peau très vascularisée appelée velours, qui les nourrit pendant leur croissance.
Une fois leur développement terminé, le velours se dessèche
et le brocard le fait tomber en frottant ses bois contre les branches et les troncs.

La chevrette et le faon

La femelle est appelée chevrette.
Plus discrète encore que le brocard, elle joue naturellement un rôle essentiel dans l'élevage des jeunes.

Après une période de gestation particulière, appelée diapause embryonnaire,
le développement de l'embryon reprend au printemps.
Les faons naissent généralement à la fin du printemps ou au début de l'été.

À leur naissance, ils portent un pelage tacheté qui leur permet de se confondre avec la végétation.
Durant leurs premières semaines, ils restent souvent immobiles et cachés tandis que leur mère s'éloigne pour aller se nourrir. Cette attitude peut parfois donner l'impression trompeuse qu'un faon est abandonné :
il ne faut surtout pas le toucher ni chercher à le déplacer.

Un animal essentiellement végétarien

Le chevreuil se nourrit d'une grande variété de végétaux.
Il recherche notamment les jeunes pousses, feuilles, bourgeons, herbes, fleurs et fruits sauvages.

Son régime varie naturellement selon les saisons et les ressources disponibles.
Au printemps, les jeunes pousses constituent une nourriture particulièrement appréciée ;
en été, il profite de la végétation abondante, tandis qu'à l'automne il consomme également différents fruits et végétaux forestiers.

Contrairement aux grands cervidés, il est particulièrement attiré par les parties tendres et facilement digestibles des plantes.

Un animal discret… mais toujours sur ses gardes

Le chevreuil possède une ouïe et un odorat très développés.
Au moindre danger, il peut rester quelques secondes immobile,
parfaitement silencieux, avant de bondir brusquement pour rejoindre un couvert.

Son cri peut également surprendre celui qui ne connaît pas cet animal.
Le « aboiement » du chevreuil, bref et rauque,
ressemble effectivement davantage au cri d'un petit chien qu'à celui que l'on pourrait attendre d'un cervidé.

Durant les périodes où les mâles se poursuivent ou défendent leur territoire,
ces aboiements peuvent résonner dans la forêt et donner au silence de la montagne une étrange sonorité.

Le rut

Le rut du chevreuil a lieu principalement en juillet et en août.
À cette époque, le comportement du brocard change :
il devient plus territorial et recherche activement les femelles.

Les poursuites peuvent être rapides et parfois spectaculaires.
Le mâle peut suivre une chevrette pendant un certain temps,
parfois en décrivant avec elle de véritables cercles dans la végétation.

Cette période est l'un des meilleurs moments pour observer certains comportements du chevreuil,
même si l'animal reste extrêmement méfiant.

Une rencontre toujours furtive

Voir un chevreuil dans le Mercantour est rarement une rencontre ordinaire.
Il peut apparaître au détour d'un sentier, dans une clairière baignée de lumière, ou entre deux arbres quelques instants seulement.

Souvent, le regard croise le sien avant même que l'on ait eu le temps de lever l'appareil photo.

Puis vient le mouvement brusque, les bonds rapides, la tache blanche qui s'éloigne entre les arbres…
et bientôt la forêt retrouve son silence.

C'est peut-être aussi cela qui fait le charme du chevreuil :
il ne se laisse jamais vraiment apprivoiser par le regard.
Il offre simplement quelques secondes de sa présence, comme un discret passage de la vie sauvage.